J’ai testé six semaines de trajets en trottinette puis en vélo : ce que mon corps m’a vraiment dit

Rachel Besson

juin 28, 2026

La roue avant a claqué sur un joint de trottoir, à 8h15, juste avant la rue Faidherbe. Depuis dans le Nord, pas loin de Lille, je suis partie pendant 6 semaines sur une boucle urbaine de 4 kilomètres, d'abord en trottinette puis à vélo. Avec mon compagnon, sans enfants, j'ai organisé ces départs au même horaire pour comparer ce que mon corps encaissait, sans changer le reste de mes matins. En tant que Rédactrice technique freelance spécialisée CO2 supercritique, j'ai été convaincue qu'un protocole simple dirait plus que mes sensations du matin.

Comment j’ai organisé mes trajets et ce que j’ai mesuré au quotidien

Pendant 3 semaines, j'ai fait ce même trajet 5 jours par semaine en trottinette, puis 3 semaines à vélo. Je partais à 8h15, par temps frais et humide, avec la même boucle de 4 kilomètres et les mêmes feux. On vit à deux, mon compagnon et moi, et ce rythme collait à nos matins sans me voler trop de temps. Je notais aussi l'heure d'arrivée, parce qu'un feu rouge change vite la sensation finale.

J'ai roulé sur une trottinette urbaine pliable et sur un vélo de ville simple, sans accessoires compliqués. Mon Master en Génie des Procédés (Université de Lille, 2012) m'a appris à regarder les réglages de base avant d'accuser la machine. J'ai donc noté la pression des pneus à 3,5 bars, gardé une selle assez haute et évité le gros braquet dès le départ. Je n'ai rien changé d'autre, ni tenue ni charge, pour garder un cadre propre.

Chaque jour, j'ai chronométré le trajet et noté mon effort sur 10. Les jours calmes, je restais à 3, et les matins avec vent de face je montais à 7. J'ai aussi pointé la zone qui tirait le plus, mollet, cuisse, hanche ou dos, puis j'ai regardé le revêtement juste après. Ma montre affichait un rythme plus haut au départ à vélo, mais je n'ai gardé qu'une tendance, pas un relevé médical.

La première semaine en trottinette : un effort plus localisé que prévu

Les premières minutes en trottinette m'ont paru douces, presque trop faciles. J'ai été frappée par cette sensation de glisse, puis par le bruit sec des petites roues dès les joints de trottoir. Près de Lille-Flandres, chaque plaque d'égout m'a rappelé que le bitume ne pardonne pas grand-chose. J'étais sûre de moi au départ, et j'ai compris très vite que ce confort-là ne durerait pas.

Au bout de 15 minutes, mon mollet droit a commencé à brûler, et mon pied d'appui s'est engourdi. J'ai aussi senti ma hanche tirer, puis mon bas du dos s'est raidi quand j'ai gardé la même jambe de poussée. Après une semaine, la semelle de ce pied portait déjà une usure d'un seul côté. Ce détail m'a sautée aux yeux dans l'entrée, bien avant le reste de mes affaires.

Le bruit très concret des petites roues de trottinette sur les bandes rugueuses et les joints de trottoir revenait à chaque plaque, et je l'ai vécu comme un vrai supplice sensoriel. Sur sol humide, la trottinette devenait plus saccadée et moins rassurante, alors que le vélo me donnait une résistance continue. Cette répétition m'a fatiguée nerveusement plus vite que je ne l'avais prévue. J'ai fini par rentrer avec les mains crispées, même sur une boucle courte.

Le jour où j'ai compris que ça coinçait, mon mollet était brûlant avant le deuxième feu. J'ai essayé d'alterner la jambe de poussée, mais les micro-arrêts en ville m'obligeaient à relancer toujours trop fort. Je me suis retrouvée avec la sensation d'être tordue d'un seul côté, et j'ai lâché l'affaire pour la fin de semaine. Le trajet semblait le même sur la carte, mais mon corps ne le lisait plus du tout pareil.

Trois semaines plus tard, le vélo m’a surpris par sa régularité

Les premiers jours à vélo, j'ai eu un souffle plus court au départ. Dans le faux plat vers la gare, mes cuisses ont chauffé, et le vent de face a rendu chaque relance plus nette. Je suis rentrée les deux premiers soirs avec une gêne de selle, pas avec une jambe en feu. Cette gêne s'est calmée au bout de 2 jours, ce qui m'a rassurée d'emblée.

J'ai gonflé les pneus à 3,5 bars avant chaque série à vélo, puis j'ai quitté le gros braquet. J'ai visé une cadence plus souple, parce que je me suis vite rendue compte que forcer plus n'apportait rien de bon. Ce simple réglage m'a paru plus fluide dès les premiers kilomètres. J'ai aussi noté que la relance sur un feu vert coûtait moins dans les jambes.

Après 2 semaines, ma récupération à l'arrivée a changé. Mes jambes sont restées moins raides, et la fatigue s'est répartie dans les cuisses et les hanches au lieu d'un seul mollet. Sur 3 trajets de suite, j'ai pu tenir 20 minutes sans traîner la même lourdeur qu'au début. Je pouvais aussi remonter les escaliers sans cette impression de jambe coincée.

Sur la même boucle de 4 kilomètres, le vélo m'a demandé un souffle plus haut au départ, puis j'ai tenu le rythme sans me crisper. La trottinette m'a laissée plus asymétrique, surtout quand le revêtement était moyen, alors que le vélo m'a paru plus régulier. Ce contraste m'a convaincue, et il rejoint ce que j'ai relu dans les repères de l'ADEME sur les déplacements actifs du quotidien. Je n'en tire pas une règle générale, juste la mienne.

Quand j’ai compris que certains gestes me mettaient en échec

L'erreur la plus nette, je l'ai faite en poussant dans la plupart des cas avec la même jambe. Après 10 à 20 minutes, mon mollet brûlait, ma cheville se raidissait et ma hanche tirait jusque dans la fin de journée. Le lendemain, je sentais encore le bas du dos plus raide que d'habitude. J'ai aussi vu la semelle de mon pied d'appui s'user d'un seul côté, ce que je n'avais pas anticipé.

À vélo, j'ai aussi testé le mauvais braquet sur un faux plat. Mes cuisses ont chauffé très vite, ma respiration s'est bloquée dans les premières minutes, et j'ai eu cette impression de pédaler dans le vide. Quand je suis partie avec des pneus sous-gonflés, j'ai dû appuyer beaucoup plus fort à chaque coup de pédale. Là, la différence se sent tout de suite dans les premières centaines de mètres.

J'ai corrigé les choses une par une. En 10 ans comme Rédactrice technique freelance spécialisée CO2 supercritique, j'ai pris l'habitude de séparer ce que je mesure de ce que je suppose. Sur la trottinette, j'ai alterné la jambe quand le trajet le permettait et j'ai évité les bandes rugueuses; à vélo, j'ai vérifié la pression avant de partir et j'ai gardé un braquet souple. Le résultat a été net sur mes trajets suivants, avec moins de brûlure dans les cuisses et moins de tiraillement dans la hanche.

Mon verdict après six semaines : ce que mes jambes et mon souffle m’ont appris

Après 6 semaines, mon bilan est simple. La trottinette m'a fatiguée de façon localisée et asymétrique, alors que le vélo m'a fatiguée de façon plus globale, avec une récupération plus rapide. Sur ma grille de 1 à 10, je montais à 7 en trottinette sur mauvais revêtement, puis je restais à 4 à vélo bien réglé. Entre ces deux valeurs, je voyais surtout une différence de répartition, pas seulement de souffle.

La trottinette a payé le prix des joints, des plaques d'égout et des micro-arrêts en ville. Le vélo, lui, m'a rappelé qu'un gros braquet ou des pneus à la pression bancale changent tout, et la selle m'a piquée pendant 2 jours. Ce que j'ai relu dans les repères de l'ADEME va dans le même sens, même si mon test reste modeste. Pour une douleur de selle, de genou ou de hanche qui dure, je passe la main à un vélociste ou à un kiné, parce que là je ne vais pas plus loin.

Je garderais le vélo pour une boucle quotidienne de 4 kilomètres, surtout si je cherche un effort plus régulier. Je garderais la trottinette pour un trajet très court et plat, quand je veux arriver sans transpirer, mais pas sur un revêtement moyen. Sur la boucle entre Lille-Flandres et la rue Faidherbe, mon verdict reste le même: le vélo m'a moins cassée que la trottinette. Avec mon compagnon, sans enfants, je refermerais surtout ce test en gardant cette préférence-là.

Rachel Besson

Rachel Besson publie sur le magazine Qarboon des contenus consacrés au CO2 supercritique, à ses applications industrielles et aux enjeux de compréhension qui l’entourent. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères utiles pour aider les lecteurs à mieux situer cette technologie et ses usages.

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